Santé et assurances sociales

La santé concerne tous les citoyens neuchâtelois, ne serait-ce que par le fait d’avoir à payer l’assurance de base. Avec l’introduction de la LAMal (Loi sur l’Assurance Maladie), les coûts n’ont cessé d’augmenter, à tel point qu’aujourd’hui la Suisse est le second pays où le système de santé est le plus cher (proportionnellement à sa population), juste derrière les Etats-Unis… Sachant que ce pays a l’un des systèmes de santé les plus injustes au monde (cinquante millions d’américains n’ont pas accès aux soins quand ils en ont besoin !), il est urgent de trouver des solutions pour améliorer la situation, notamment dans notre Canton ou les primes d’assurances sont parmi les plus chères du pays. Il faut coordonner différentes actions et pas uniquement se tenir à une idée précise, comme c’est le cas actuellement, pour obtenir des résultats concrets. Conscients de ce problème et préoccupés par ses conséquences possibles, les JSN considèrent qu’il est essentiel de revoir la politique actuelle en matière de santé.

Gestion des coûts

En 2005, la santé a coûté 53 milliards de Francs en Suisse ; dans le même temps, les assurances de base rapportaient environ 25 milliards de Francs. Même si les coûts totaux prennent aussi en compte les prestations des assurances complémentaires et la médecine dentaire (non inclus dans l’assurance de base), on doit constater qu’il y a un écart très important entre les dépenses et les rentrées d’argent pour la santé. Il est donc essentiel de prendre des mesures énergiques pour limiter fortement les frais occasionnés.

Parmi les solutions applicables au niveau cantonal ou fédéral, on peut citer : la possibilité de rendre obligatoire la prescription de médicaments génériques lorsque c’est réalisable ; le développement de stratégies préventives pour remplacer les stratégies d’intervention actuelles (exemple : investir dans les dépistages pour les cancers) ; l’extension des traitements ambulatoires ; la limitation de l’accès direct aux médecins spécialisés ; pour finir, le retour dans les hôpitaux psychiatriques des thérapies dites « par la parole » en lieu et place des thérapies dites « pharmacologiques ».

Les assurances de santé

Chaque année, depuis l’introduction de la LAMal en 1996, les coûts des assurances de santé n’ont pas arrêté d’augmenter. A cela, on peut trouver plusieurs raisons, notamment celle de l’augmentation des coûts de la santé en général. Mais il est aussi indéniable que les assureurs pratiquent une politique malhonnête, parfois même à la limite de la légalité. Pour preuve, dans le Canton de Neuchâtel, les réserves des assurances de santé sont à 140% de la limite légale imposée par la Confédération. Ainsi, les citoyens neuchâtelois paient artificiellement trop pour des motifs particulièrement obscurs. Dans d’autres Cantons, les réserves sont largement inférieures à la limite imposée par Berne et qu’il est prouvé que plus les réserves sont importantes, plus les citoyens paient cher.

La situation actuelle n’est plus acceptable ; l’Office fédéral de la santé publique a montré son incapacité à prendre des décisions indépendamment des assureurs. Il faut donc contraindre les assureurs à diminuer leurs réserves dans notre Canton en gelant l’augmentation du coût des assurances. Pour ce faire, nous considérons que la solution la plus appropriée est de donner au Canton la compétence de fixer les primes.

Prestations

A côté de l’augmentation des coûts de la santé, on remarque que le nombre de prestations de l’assurance de base et les prestations des assurances complémentaires n’ont fait que diminuer. Le but de cette manœuvre était, encore une fois, de freiner l’augmentation des coûts de la santé. Mais cela n’a eu strictement aucun effet. Il est donc évident que le nombre de prestations offertes n’a pas d’influence négative sur ce que devront payer les citoyens. Au contraire, il est même probable que l’intégration des médecines complémentaires dans l’assurance de base aurait pour conséquence une baisse des coûts, notamment parce que les professionnels de ces branches ont des demandes financières moindre que les médecins. Les Jeunes socialistes considèrent qu’il faut ouvrir les prestations de santé sur les médecins complémentaires (comme la médecine traditionnelle chinoise, l’Ayurveda tibétain, l’homéopathie, l’ostéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie,…) lorsque celles-ci sont institutionnalisées et se basent sur une formation solide.

La santé pour tous

Si l’on s’attache à regarder attentivement les possibilités de contracter des assurances, on constate que notre système est plus juste pour certains que pour d’autres, et cela en contradiction avec la constitution suisse (articles 7, 8, 12). Ainsi, les personnes séropositives ou qui ont le sida n’ont pas accès aux prestations des assurances complémentaires ; les assureurs peuvent refuser une prestation complémentaire à une personne sous prétexte qu’elle a fait une dépression plusieurs années auparavant ; certains médicaments, pourtant obligatoires à la survie d’un petit nombre de patients, ne sont pas remboursés pour différentes raisons parfois irrationnelles. Ces cas dignes du moyen-âge ne sont pas acceptables dans un Etat de droit, il est donc urgent de contraindre les assureurs à respecter le droit à la santé pour tous.

Positions

▪ Les JSN prônent une mise en œuvre rapide de stratégies permettant la diminution des coûts de la santé dans le canton de Neuchâtel
▪ Nous pensons que l’accent au niveau cantonal doit notamment être porté sur les traitements ambulatoires et la prévention des maladies
▪ Nous estimons qu’il faut rapidement revenir aux thérapies « par la parole » pour soigner les patients des hôpitaux psychiatriques
▪ Nous soutenons le gel de l’augmentation des coûts des assurances de santé tant que les réserves de ces dernières n’auront pas atteint les limites fixées par la Confédération
▪ Nous voulons que la compétence de fixer les primes d’assurance maladie soit donnée au canton
▪ Nous considérons qu’il faut arrêter de limiter les prestations de l’assurance de base et qu’il est temps d’introduire les médecines complémentaires dans celle-ci
▪ Nous exigeons une répartition des droits à la santé plus équitable

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