Non au double mandat ! – texte de la résolution des JSN proposée au PSN

On ne compte plus les personnalités neuchâteloises qui ont cumulé ou cumulent actuellement plusieurs mandats politiques : les membres d’un législatif communal également députés, les membres d’un exécutif communal actifs au parlement cantonal ou fédéral et même les conseillers d’Etat qui siègent à Berne. De l’autre côté, nous pouvons constater à chaque élection la difficulté que les partis ont de trouver des citoyens motivés à se présenter sur les listes. Nous, Jeunes Socialistes Neuchâtelois, sommes convaincus qu’il est grand temps de prendre des mesures pour que le monde politique neuchâtelois ne tende pas à fonctionner en vase-clos, déconnecté de la réalité et au service de ses propres ambitions plutôt que de la population. C’est pourquoi nous invitons le Parti Socialiste Neuchâtelois à s’engager pour que :

  • Les membres d’un législatif d’une ville (commune de plus de 10’000 habitants) ne puissent pas être simultanément membres du législatif cantonal ou du législatif fédéral ;
  • Les membres d’un exécutif professionnel communal ou cantonal (taux d’activité de plus de 50%) ne puissent pas être simultanément membres du législatif cantonal ou du législatif fédéral ;

Tout d’abord, il est bon de rappeler que la concentration du pouvoir politique dans les mains d’un petit groupe d’individus constitue une entrave sérieuse au bon fonctionnement de la démocratie. Nos institutions permettent une représentation large des citoyens à tous les niveaux qui a pour but de rendre la politique la plus participative possible. Aujourd’hui, un simple regard sur le monde politique neuchâtelois permet de se rendre compte que l’on retrouve les mêmes visages aux postes clés que ce soit au niveau communal, cantonal ou fédéral. C’est un mal qu’il faut combattre afin que le pouvoir ne soit pas détenu par une sphère restreinte de « personnalités » se passant le pouvoir de l’une à l’autre sous le regard désintéressé de la population. En ces temps difficiles où la crédibilité de nos institutions est constamment remise en cause par la population, il faut à tout prix éviter la formation d’une caste politique dans laquelle le citoyens ne se reconnaîtraient plus.

De plus, le cumul de mandats sert bien souvent « d’oreiller de paresse » pour les partis. Il est effectivement toujours plus simple et plus rapide de venir chercher un membre connu au sein de son parti qui a déjà des fonctions politiques pour lui en attribuer une supplémentaire que d’essayer d’impliquer d’autres citoyens dans le processus démocratique. Et pourtant, c’est bien là que réside un des rôles majeur des partis : créer une adhésion de la population autour d’un projet et permettre à ceux qui s’y reconnaissent de s’investir pour sa réalisation. Tous les partis manquent de membres et font du recrutement de nouvelles forces vives un objectif pour ces prochaines années. Ce n’est pas qu’une question de stratégie partisane, c’est un enjeu majeur pour l’ensemble de notre canton : comment faire pour redonner aux citoyens le goût de l’engagement et de la politique ? Nous sommes convaincus qu’en libérant des fonctions pour permettre à ceux qui le veulent de s’y s’engager et en contraignant les partis à faire un effort supplémentaire nous détenons une partie de la réponse.

Par ailleurs, il est justifié de se poser une question d’ordre plus pratique concernant le double mandat : comment certains élus peuvent-ils assurer plus d’une fonction aussi chronophage à la fois de manière optimale ? Cette question se pose en particulier pour les conseillers communaux professionnels également députés (mais aussi pour les conseillers d’Etat qui siègeraient dans l’une des Chambres fédérales) ; il paraît difficile de remplir à la fois les très lourdes obligations inhérentes à un exécutif professionnel et les nombreuses séances ou préparations de séances relatives à la fonction d’élu au parlement cantonal ou fédéral. En outre, ces emplois du temps entièrement voués à la cause publique tendent à une professionnalisation de la fonction de politicien, ce que nous avons toujours voulu éviter. Le PSN doit s’opposer fermement à toute velléité de faire de l’engagement citoyen un métier à part entière. La gauche a historiquement toujours défendu des organes politiques populaires composés de citoyens ancrés dans la vite active et il faut aujourd’hui le réaffirmer.

Nous avons cependant posé certaines limites à l’interdiction du double mandat dans nos revendications : un conseiller général d’une commune qui n’est pas une ville peut à notre sens sans problème siéger au parlement cantonal. Il ne nous paraît pas opportun d’empêcher un élu souvent confronté à des problèmes très « villageois » au niveau local de s’intéresser à des questions plus politisées au niveau cantonal. Il en va de même pour les conseillers communaux non professionnels.

C’est pour toutes les raisons évoquées dans ce texte que nous enjoignons le PSN à se positionner et à s’engager contre le double mandat. Il en va de la survie de notre démocratie. Nous laissons à la présidence du PSN une marge de manœuvre sur les délais et sur la manière d’agir. Une motion au Grand Conseil nous semblerait à priori être un bon moyen pour œuvrer en ce sens.

Le comité des JSN.

 

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