Le défi de la formation citoyenne de la jeunesse

Nelson Mandela disait : « Prendre soin de la jeunesse c’est prendre soin du futur ». Cette déclaration semble être une évidence pour tous et une vérité consensuelle de notre société. Mais « prendre soin de la jeunesse » cela ne veut pas seulement dire la satisfaire matériellement ; c’est aussi et surtout lui donner envie et la rendre capable de s’impliquer dans la vie publique, et malheureusement, dans les faits, rien ne montre que le système actuel aide les jeunes à s’accomplir et leur donne la possibilité de devenir réfléchis, critiques et donc d’acquérir les capacités qui leur permettront de se forger leurs propres avis. Bien au contraire. Sinon, comment expliquer qu’il y ait autant d’incompréhension entre la frange jeune et le reste de population ? Le système actuel ne prépare pas le futur : nous ne formons plus de jeunes citoyens acteurs en devenir de notre démocratie…

Concernant l’éducation ; premièrement au niveau de l’école obligatoire (soit secondaire 1) : comment se fait-il qu’il n’y ait pas de cours d’éducation civique (MCC) avant la 9ème année puis uniquement à raison de deux heures par semaine ? Ce constat est particulièrement étonnant puisque l’un des buts principaux du cursus scolaire obligatoire se trouve être, à mon sens, de former de jeunes citoyens capables de comprendre les enjeux pesant sur la planète et de leur montrer combien il est nécessaire et décisif de s’investir dans la vie publique. Pour se donner les moyens de parvenir à ces objectifs il faudrait instaurer des cours portant sur ce type de sujet au moins dès la 7ème année et arriver à leur donner un aspect ludique: débats et discussions ouvertes avec des choix de sujets proches de la jeunesse. Ainsi nous arriverions également à changer le préjugé « d’ennui » pesant sur tout ce qui est, même indirectement, relié à la politique.

 

Ensuite, pour les jeunes de niveau secondaire 2 : pourquoi ne pas mettre en place des cours obligatoires durant lesquels tous les apprentis et lycéens se retrouveraient en différents groupes, hebdomadairement, pour apprendre ensemble à s’exprimer en public et comprendre les fondements de notre système ? Cela permettrait non seulement aux élèves d’être de meilleurs acteurs de notre société, mais également de renforcer l’idée de démocratisation du savoir et de la connaissance politique, puisque cet apprentissage se ferait en commun avec différentes catégories de jeunes.

 

La formation citoyenne ne devrait pas uniquement passer par la forme traditionnelle de l’éducation : pour arriver à rendre les jeunes sensibles aux rôles qu’ils ont à jouer dans notre société il serait judicieux de leur donner, dès le plus jeunes âge, la possibilité de donner leurs avis, car il faut redonner à la jeunesse de la confiance en notre démocratie en lui montrant qu’elle est écoutée ; et actuellement il n’y a justement presque aucune possibilité pour les mineurs de manifester leurs idées. Raison de plus de donner une occasion à la jeunesse de  s’exprimer de manière formelle: la Suisse a ratifié la convention des droits de l’enfant mais ne la respecte pas entièrement ! L’article 12 de cette convention stipule : « Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération en égard à son âge et à son degré de maturité.”.

 

Je pense qu’une manière efficace de sonder la jeunesse serait la votation indicative par le biais des écoles : chaque année, durant les heures de cours, un véritable bulletin de vote serait remis à chaque élève, qui devrait, avec l’aide de l’encadrement scolaire, le remplir correctement et le retourner dans une urne se trouvant dans son école. Le sujet soumis aux jeunes ne serait évidemment pas un cas pratique comportant l’idée d’un changement immédiat, il pourrait porter, à titre d’exemple, sur une questions comme : « Penses tu qu’il y a assez de lieux de rencontre pour les jeunes de ton âge ? ». L’expérience aurait ainsi de nombreux avantages : la valorisation du jeune, l’habituer à voter, lui apprendre à remplir un bulletin de vote et la prise de conscience de la part des autorités des positions des jeunes sur certains points.

 

Nous voyons bien que par différents moyens il est possible, et nécessaire, de faire de la jeunesse non une tranche passive de notre population – comme c’est, sous certains aspects, le cas actuellement – mais une relève pleine d’espoir et d’envie face aux défis qui l’attendent !

 

Antoine de Montmollin

 

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