Qu’apportent les fusions de communes aux jeunes ?

A quelques jours de la votation sur la fusion des communes de Bevaix, Boudry et Cortaillod pour former l’ensemble « Pontareuse », il faut se demander ce qu’apportent concrètement les fusions de communes aux jeunes, ce d’autant plus que d’autres votations devraient suivre dans les mois et les années à venir – notamment sur les fusion du Val-de-Ruz et d’Auvernier, Bôle et Colombier (fusion dite « ABC »).

Pourquoi fusionne-t-on des communes et les jeunes en particulier ont-ils quelque chose à y gagner ?

Le premier projet de fusion de grande envergure dans notre canton a été celui du Val-de-Travers. Si ces communes ont décidé de s’orienter vers ce type de regroupement, c’est d’abord parce que le district du Val-de-Travers a été sinistré par la fermeture d’entreprises qui rapportaient d’importants revenus sans lesquels seules deux solutions s’imposaient : une augmentation massive des impôts ou une rationalisation des coûts de fonctionnement des communes. C’est donc vers cette dernière option que se sont orientées les autorités politiques du Val-de-Travers.

Les projets actuels, comme la fusion Pontareuse et la fusion ABC, ne répondent pas à un besoin aussi vital que celui du Val-de-Travers, toutefois ils n’en sont pas moins des projets d’avenir incontournables. La création de grands ensembles n’est rien d’autre qu’une adaptation à la réalité politique actuelle ; la Confédération réduit continuellement ses prestations obligeant les cantons et/ou les communes à couvrir les coûts de certaines d’entre elles pour éviter qu’elles ne disparaissent. Les cantons font de même en reportant toute la responsabilité sur les communes. Un exemple concret consiste dans l’abandon du canton de Neuchâtel du financement de certains transports scolaires ou encore de classes d’école parce que le nombre d’élèves était devenu insuffisant. Ce phénomène n’a fait que s’amplifier ces dernières années, d’autant plus dans notre canton où les finances ne sont pas au mieux.

C’est essentiellement sur les volets « culture, sports, loisirs », « éducation » et « transports » que les économies sont réalisées, trois éléments qui concernent en premier lieu les enfants, les adolescents et les adultes jusqu’à 30 ans. Dès lors, c’est d’abord à cette population que profite les projets de fusion en agissant plutôt sur les coûts du travail administratif – en évitant les doublons dans la réalisation de certaines tâches – plutôt qu’en coupant dans les prestations.

Le projet Pontareuse (et d’ailleurs les deux projets qui le suivront : Val-de-Ruz et ABC) va encore plus loin ; si le projet est accepté, d’une part, les prestations actuelles seront maintenues, d’autre part, de nouvelles prestations seront offertes. Les personnes à mobilité réduite pourront, par exemple, bénéficier d’un service à domicile pour remplir leurs documents administratifs ou encore pour le ramassage des gros déchets. Autre exemple, les habitants de Cortaillod et, dans une moindre de mesure, de Bevaix le savent bien, les transports en commun dans leur commune respective sont loin d’offrir une couverture optimale. Or, les instances politiques, tous partis confondus, se proposent d’intervenir de façon insistante auprès du Conseil d’Etat afin que les horaires des transports en commun soient élargis pour que les jeunes notamment qui sortent les vendredis et samedis soir ne soient pas obligés de rentrer à 22h00 s’ils veulent éviter de faire 30 minutes de marche. Cela ne pourra être efficace que s’il y a fusion ; la commune étant plus grande sa voix aura plus de poids.

Si les projets de fusions qui fleurissent un peu partout dans le canton de Neuchâtel ne promettent et ne peuvent promettre de régler toutes les difficultés que rencontrent nos communes aujourd’hui, ils ont le mérite d’être suffisamment souples pour relever un grand nombre de défis. Concrètement, la crise économique qui a débuté en 2008 avec les fameux « subprimes » a touché très durement les petites communes neuchâteloises, à tel point que des augmentations d’impôts ou des réductions de prestations sont sérieusement réfléchies dans un grand nombre d’entre elles. Or, si ces mêmes communes avaient fait partie d’ensembles fusionnés (de plus de 10’000 habitants), elles auraient pu aborder la situation avec une plus grande sérénité, puisque ce système se base principalement sur des économies structurelles (à long terme) et pas sur des économies ponctuelles ou encore des rentrées fiscales forcément très volatiles étant donné qu’elles dépendent de l’évolution de la conjoncture économique.

En conclusion, le passé était aux communes entièrement autonomes, le présent est aux collaborations intercommunales et l’avenir est aux fusions ; c’est ainsi que nous pourrions résumer l’évolution de l’organisation administrative et politique des communes de notre canton. Cela ne peut évidemment pas se faire sans quelques craintes légitimes, mais il ne faut pas pour autant oublier que, quelque soit l’organisation, le but est toujours le même : conserver et développer les prestations fournies aux citoyens des communes de notre canton et ce à des coûts ne pénalisant ni la commune ni ses habitants.

Neil Ewering

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